- 2ème Epoque -

 

Georges BRAQUE
Peintre, sculpteur et graveur français
Né à Argenteuil-sur-Seine le 13 mai 1882, décédé à Paris le 31 août 1963


 

Lorsqu'en 1905 ou 1906, de jeunes "fauves" reviennent à L'Estaque, Cézanne a quitté les lieux depuis une vingtaine d'années. Il meurt le 22 octobre 1906 et c'est à peu près le moment où Braque arrive pour la première fois à L'Estaque. Il dira plus tard que c'est bien à cause de Cézanne qu'il est venu à L'Estaque, "et avec une idée déjà faite", ajoutant: "Je peux dire que mes premiers tableaux de L'Estaque étaient déjà conçus avant mon départ".

 

Jamais Braque ne sera aussi fauve qu'au cours de cet hiver 1906-1907 passé à L'Estaque. Dans "Le port de L'Estaque", du Musée de Copenhague, il choisit à son insu un point de vue identique à celui du tableau de Cézanne "Saint-Henri et la baie de Marseille". Les deux vues coïncident presque exactement; le paysage de Braque est rendu avec suffisamment de précision pour que l'on puisse mesurer l'importance des modifications survenues en une trentaines d'années: construction de la route littorale, extension des digues... Bien que simplifiée, voire schématisée, la "réalité" garde ses droits dans le premier fauvisme.

BRAQUE - Paysage de l'Estaque
   
   
 
 
 

DERAIN - Route tournante à l'Estaque
 

Il en va de même pour un tableau comme "L'Estaque", du centre Pompidou, où le village, lorsqu'on le compare à des cartes postales d'époque, est peint avec un souci évident de fidélité. Braque se situe au ras de l'eau, témoignant ainsi de la vie portuaire, dont Cézanne s'était détourné, volontairement ou d'instinct. Ce point de vue se retrouve dans d'autres tableaux de cette période, dont les deux "Embarcadères" jumeaux. On y distingue nettement le chalet sur pilotis de l'Hôtel Mistral qui, relié au corps de bâtiment par une passerelle, abritait un restaurant réputé.

Mais Braque peignit aussi abondamment du côté du Vallon de Riaux des paysages comme celui du Musée de Saint-Tropez. Parfois, sur un chemin se révèle la présence de deux personnages, petites taches sombres et discrètes. Il arrive aussi que viennent contraster avec les arabesques des arbres et des collines des lignes plus rigides, tel ce morceau de bâtiment à droite du tableau intitulé "L'Estaque", mis en vente publique à Paris en 1990. Il y a là comme l'annonce d'une insatisfaction, qui se résoudra par une rapide mutation lors des séjours ultérieurs de l'artiste.

 
   
               
 
Les dates sont incertaines lorsqu'on aborde le ou les séjours de Derain à L'Estaque. Est-il venu dès 1905, comme on l'écrit généralement ? Quoi qu'il en soit, quand il ne serait venu qu'en 1906, on ne peut guère discuter qu'il fut le premier de ceux qui, après Cézanne, reprirent le chemin de L'Estaque sa production est abondante et se concentre principalement en deux endroits: le port, d'une part, qu'il peint souvent en regardant vers l'est, et le Vallon de Riaux, d'autre part, où il se fixe souvent non loin d'un petit pont qui enjambe le "valat" à mi-hauteur. C'est là qu'il compose une immense toile (185 x 130) que sa dimension destinait probablement au Salon: "L'Estaque, route tournante ou vers la fontaine". Avec Derain, certains aspects de la vie quotidienne à L'Estaque entrent pour la première fois dans les tableaux: pêcheurs déchargeant leurs barques, charrettes qui passent, personnages se rendant à la fontaine .
 

BRAQUE - Maison à l'Estaque
 
   
   
 
 
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